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Les principes d'Hippocrate

Hippocrate est un formateur.

 Si Hippocrate est connu par les médecins, parents, formateurs et toutes les personnes confrontées à des plus jeunes peuvent transposer certains des préceptes qu’il propose en médecine.

 Je vous propose d’explorer quatre principes avec cet angle de vue :

 Être utile, tout au moins ne pas nuire.

Être utile : certains considèrent que nous n'avons pas à être utile. Les gens que je rencontre, qui prônent le droit de ne pas être utile, en ont tout à fait le droit. Cela dit, j’ai constaté qu’à un moment donné, ça fait partie des besoins de chacun : se sentir utile, avoir une place, prendre une place dans le monde. L’adulte doit être utile aux jeunes, il est là pour accompagner, donner des conseils. Les jeunes sont d’ailleurs en demande de retour, d’avis, d’adultes qui les poussent en avant.

Tout au moins ne pas nuire : Cela dit, il arrive que l’on n’y arrive pas. Il arrive que certaines situations nous amènent à rencontrer des jeunes dont les difficultés dépassent notre cadre professionnel ou nos capacités. Il faut parfois accepter « ne pas savoir faire », laisser faire un autre, des autres. Laissez faire, parfois uniquement pour se protéger soi-même et être disponible pour d’autres moments. Le risque d’en faire trop ou de faire mal serait effectivement de nuire.

 Combattre le mal par son contraire.

Hippocrate considère que toute matière est composée des quatre éléments fondamentaux : l’eau, l’air, la terre et le feu. Lié à cela, il élabore une théorie des humeurs, les maladies sont des conséquences de déséquilibres entre des humeurs internes. Pour rétablir l’équilibre, il faut apporter l’opposé : pour une personne « flegmatique » (quelqu’un de froid et moite), il préconise des remèdes réchauffant. À l’inverse, pour des « sanguins », il conseillait des rafraîchissements.

Combattre le mal par son contraire peut être transposé aussi dans nos relations avec les jeunes : quand on a un jeune timide, qui n’ose pas s’exprimer : aidons-le à parler, à s’exprimer, à donner son avis. À l’inverse, un jeune incapable de se taire, voulant en permanence rappeler sa présence, apprenons-lui le silence, le calme et la discrétion.

De même un enfant qui est toujours actif, sportif, a besoin d’apprendre à s’asseoir, se concentrer. Et l’enfant calme, restant assis dans sa chambre, devant un livre ou un ordinateur, doit découvrir le plaisir des activités physiques, d’un match de foot ou d’une promenade dans la nature.

Il ne s’agit pas d’empêcher à la personnalité d’être ce qu’elle est, mais de permettre aussi de développer des parties importantes pour le bien-être global de la personne.

 Mesure et modération.

Dans le contenu

On a souvent envie que nos enfants découvrent, apprennent, retiennent le maximum de choses ; pour leur bien, bien évidemment ! Quand on est parent, on se dit que le savoir, la connaissance lui permettra de choisir son orientation. Quand on est formateur ou enseignant dans un domaine, cette matière nous semble importante. Si nous passons plusieurs années à enseigner un savoir, il est normal qu’on le maîtrise et on oublie parfois que ce n’est pas l’essentiel pour le jeune. De plus, ce dernier n’a pas que cette matière à apprendre. Si nous avons envie qu’il apprenne beaucoup, sachons nous freiner parfois.

À la fois sur la quantité de connaissances et sur la vitesse pour passer une information. Si l’on souhaite les voir progresser, il est utile de reprendre là où ils en sont, les interroger sur ce dont ils se souviennent, ce qu’ils ont compris. De même, pensons à la vitesse à laquelle nous transmettons l’information. Imaginez qu’on vous demande de manger en cinq minutes votre entrée, votre plat et votre dessert. Le savoir est quelque chose qu’on doit ingurgiter : si l’on explique quelque chose de manière beaucoup trop rapide : la digestion sera difficile et surtout, très peu de choses seront réutilisables.

Dans les propos

De même, dans un esprit de mesure et de modération, il est important d’être vigilant dans les mots que nous utilisons : « tu es un incapable ! », « tu es un fainéant ! ». Ces propos sont trop excessifs et le risque de ces commentaires est que cela enferme dans une image qui peut bloquer. Souvenons-nous simplement de certains propos nous ont touchés, blessés. Combien de nous entendons des jeunes qui se disent « nul en maths » ou « nul en anglais » ? Demandez-leur comment cette croyance a été construite. De même, regardez à quel point il est difficile de les faire sortir de ces croyances pour accepter d’oser apprendre et d’oser comprendre.

Si nous sommes capables de nous souvenir de tels propos vécus, est-ce nécessaire de continuer comme dans une course de relais ? Est-il pertinent de faire passer ces mots qui procureront plus de freins que de forces ? Mesure et modération sont fort utiles dans les propos que nous pouvons leur dire. Un petit moyen très pratique et très simple : attendre 3 secondes avant de parler. On connaît l’expression « tourner 7 fois sa langue dans la bouche avant de parler ». Ces quelques secondes nous permettent d’éviter des propos que nous risquons de regretter.

Chaque chose à son temps.

Piaget a marqué le regard sur l’enfant. Il a montré que la pensée se construit. C’est par la répétition de contacts avec le monde qui l’environne que l’enfant acquiert et développe des connaissances. Ce parcours est lié à des aspects psychiques et physiques. Même s’il existe des repères généraux, chaque enfant a sa propre vitesse. Il est inutile d’accélérer les choses si l’enfant n’est pas prêt. À l’inverse, il sera important de nourrir un enfant gourmand de savoirs et de connaissances.

On aimerait partager certains moments avec nos enfants. Selon l’âge, ce sera : faire une promenade à vélo, aller au cinéma, partager une discussion. Il faut pourtant attendre qu’ils soient prêts. On aimerait à l’inverse qu’ils évitent certaines expériences. Certains de leurs amis ne nous plaisent pas, ils communiquent un peu brutalement, ils nous testent. Chaque chose en son temps, c’est aussi accepter et gérer du mieux que l’on peut, ces moments qui font partie de leur évolution.

Chaque chose en son temps car on peut démotiver et décourager à vouloir aller trop vite. Chaque chose en son temps, car il faut parfois l’expérience, le vécu pour comprendre certaines choses ; d’où l’intérêt que l’on peut porter aux formations en apprentissage.

5ème principe : l’utilisation d’aphorismes

Ces quatre principes méritent vraiment toute notre attention. J’en rajouterais un cinquième qui montre qu’Hippocrate a la qualité d’un pédagogue. Il s’agit de la manière d’exprimer les choses. En peu de mots, l’essentiel est dit, en peu de mots, nous sommes amenés à réfléchir, à vouloir faire des liens, à comprendre. Hippocrate utilise un procédé qu’utilise d’ailleurs la plupart des sages : l’aphorisme. L’aphorisme est une phrase très courte qui se suffit à elle-même. L’aphorisme est une pensée courte qui nous amène justement à continuer à penser.

Pour conclure, on connaît le « serment d’Hippocrate » proposé aux médecins. Il s’agit d’un texte proposant des obligations égales, morales et éthiques devant lequel les médecins doivent faire allégeance.

Encore une idée intéressante de ce sage qui pourrait être élargi à l’univers des relations adultes-enfants.